Carte de Cassini
Carte de Cassini

 

Occupant un territoire marécageux progressivement asséché (Sars vient du latin sartum, terre défrichée, et Rosières de rosarie, lieu où poussent les roseaux), une partie de la commune actuelle est placée sous la tutelle de l' abbaye de Saint-Amand depuis au moins 871, date à laquelle Charles le Chauve lui en cède une terre.

 

Selon un accord passé en 1194, Sars-et-Rosières relève de la paroisse de Brillon, ce qui restera le cas jusqu' à la Révolution. Le fief de la Rosière, situé au nord-est de la commune actuelle, est mentionné depuis le 13e siècle ; il était auparavant appelé le Camp Hermant ; en 1268, la comtesse Marguerite de Flandre élève ce domaine en "seigneurie vicomtière".

 

Ce fief passe aux Landas dans le courant du 14e siècle, avant de rejoindre les possessions du seigneur du Quesnoy, baron de Flandre, dit encore sire d' Audenarde, qui fait bâtir le château fortifié qui existe encore, nommé fief du Loir depuis 1413. Sars-et-Rosières est érigée en commune en 1792. Elle reste cependant très dépendante de sa voisine Brillon, ne disposant ni d' église, ni de mairie, ni d' écoles. Elle ne prendra son indépendance réelle qu' à partir du moment où ces édifices seront bâtis, entre 1849 et 1865 : l' école de filles en 1849, l' église et le presbytère entre 1855 et 1859 et la mairie-école de garçons entre 1859 et 1864 ; tous ces bâtiments sont l' oeuvre de l' architecte valenciennois Louis Dutouquet (1821-1903).

 

Sur le cadastre de 1830, on constate que le bâti s' égrène sur l' ensemble des axes de communication traversant la commune ; une seule concentration, modeste, se trouve aux alentours de la chapelle du Sars, à l' intersection des principales voies structurant le village. La rue du Plat est marquée par une ferme à cour fermée et plusieurs fermes en U. La rue du Barrage qui la prolonge offre une succession de fermes en L, aujourd' hui disparues et remplacées par des logis élémentaires. La rue du Marais-à-Chênes est principalement occupée par des logis élémentaires et quelques fermes en U. La rue de Cantraine (actuelle rue de Bouillon) est bordée de logis élémentaires et de fermes en L. La plupart des exploitations agricoles ont des bâtiments de taille modeste.


Le cadastre de 1913 montre que l' essor de la construction entre la date des deux cadastres a été plus faible que dans certaines communes voisines (Rosult et Lecelles par exemple). Néanmoins, plusieurs millésimes de construction ou de reconstruction ont été relevés, à partir de la date de 1854, qui indique que Sars-et-Rosières n' est pas pour autant restée à l' écart de l' essor constaté dans les communes voisines. Au cours de la 2è moitié du 19è siècle, après la construction des édifices religieux et publics qui faisaient défaut jusqu' alors, les rues de la Place, du Pont-Noël et du Perroquet se densifient fortement par la construction de maisons élémentaires ou de fermes de dimensions modestes.

 

Côté nord de la rue du Pont-Noël, les fermes en L, majoritaires avant 1830, sont peu à peu transformées en logis simples, par abandon ou démolition des dépendances (en général des granges) formant l' équerre ; ces logis gardent leur implantation d' origine, perpendiculaire à la rue, alors que les maisons construites dans la 2è moitié du 19è siècle, sur le côté sud de la rue, ont systématiquement leur façade principale parallèle à la rue.

 

Aux alentours de l' intersection de l' actuelle rue de Bouillon et de la rue Cantraine, quelques exploitations de taille moyenne, une fabrique de carreaux en ciment et quelques maisons élémentaires à façade sur rue, ainsi que l' école de filles, forment une nouvelle polarité qui tend à se confondre avec le tissu bâti de la commune limitrophe de Brillon. Le secteur du Petit-Brillon, à l' intersection de la route départementale et des rues du Moulin et du Marais-à-Chênes, s' étoffe également, avec une importante ferme à cour fermée (détruite), de quelques fermes de moyenne importance (notamment une ferme-cossetterie) et des maisons élémentaires à façade sur rue, créant ainsi une nouvelle polarité, à l' opposé de celle de Cantraine.

 

Aujourd' hui le pôle central, le centre du village, s' étire le long des rues du Barrage, du Marais-à-Chênes et vers le Haut-Marais ; les deux autres pôles, de Cantraine et du Petit-Brillon, sont encore clairement lisibles, malgré la présence d' un bâti intercalaire. Les extrémités ouest et est de la communes restent vierges de toute construction.

 

Les informations présentées ci-dessus appartiennent à la base Mérimée.